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J’y vais mais j’ai peur !

Solitaire Rolloise, 7 août 2016

C’est l’histoire de ces choses qui, selon les circonstances peuvent nous faire hurler de plaisir ou nous glacer le sang, c’est selon …

Laissez-moi vous raconter l’histoire de la solitaire Rolloise qui a eu lieu par grosse bise !

Avant :

Lors du convoyage, la veille, une jolie bise s’est levée à la hauteur de St-Sulpice. Il eût été criminel d’effectuer la descente vers Rolle au moteur. Ni une ni deux, les voiles seront hissées et le trajet s’effectuera entre 6 et 7 kts au vent arrière sous GV, génois et grand soleil ! Le bateau à peine gité, hyper stable et équilibré, j’aurai même le temps de manger tranquillement mon désormais traditionnel tartare du convoyage (c’est pour être énervée sur la ligne de départ le lendemain) !

Après une nuit passée à bord à écouter les drisses siffler de plus en plus fort dans les mâts (signe que le vent monte), je me lève un peu anxieuse au vu des conditions qui nous attendent. L’option foc est la seule autorisée par ces conditions 15-20 kts de bise.

Pendant :

Départ sur l’eau après un court briefing au cours duquel le parcours nous est donné : départ devant la digue de Rolle, bouée au vent à St-Prex, passage entre la bouée de start et la digue, bouée sous le vent un peu avant Promenthoux, retour au près et ligne d’arrivée entre la bouée et la digue de Rolle. La pavillonnerie est à terre et peu visible nous partons presque tous à la bourre n’ayant pas entendu les signaux préparatoires.

Le premier bord de près sera celui où chacun de nous prendra ses marques. On se croirait dans un Rodéo… Personne n’est stable. Ca part au lof avec plus ou moins d’entrain ! Il y a du spectacle sur le plan d’eau !

Les gros bateaux choisiront le large, les plus petits la côte. Après ces 2 ou 3 bords qui nous auront permis de nous jauger (et d’évaluer les distances raisonnables à maintenir entre chacun d’entre nous) nous passons la bouée dans un mouchoir de boche et dans un ordre logique… les gros en premier, les Surprise ensuite, les bateaux de croisière plus loin.

Jusqu’ici rien à dire, le près dans la bise ça gite et c’est impressionnant mais ce n’est pas casse-gueule… Le hic c’est qu’après un bord de près, il y a un bord de portant (et un bord de portant sous foc, ça n’avance pas)… Moi j’ai très peur quand c’est fort sous spi.

La peur :

Mes concurrents directs envoient un tangon et un spi sans se poser de question et moi j’ai peur…

Je n’ai pas encore décidé de les imiter… oui, j’ai peur…

J’attends de voir comment ils s’en sortent parce qu’à ce moment là je suis paralysée par la peur (à 7kts au foc, je trouve que ça va déjà assez vite)…

Ils s’en sortent bien les bougres, j’ai à peine moins peur…

Mais toujours assez peur pour n’envoyer que le tangon et brasser puis ranger plusieurs fois le spi.

Comme à la TV, je joue mon Joker « appel à un ami » pour essayer de glaner un peu de courage et des bons conseils… Et après une grosse heure d’hésitation, je prends mon courage à 2 mains et envoie le spi en tremblant de chacun de mes muscles… le speedo monte à 8, 9 kts, mais le spi est stable et les choses se passent bien. Je ne me sens pas d’empanner à la bouée de start (j’aurais tenté si j’avais eu un circuit de barre). J’affale et tourne drisse et brins avant de renvoyer de l’autre côté, le spi est toujours stable et content et le speedo montera à 10kts… n’ayant jamais atteint ni ces vitesses en solo, je rentre la tête dans les épaules et affale lorsque le compteur est redescendu en dessous de 8kts… Ca tombe bien nous arrivons à la bouée !

Pour le dernier bord de près le vent a fraîchi (25kts) et il y a de la vague, ce qui le rend plus difficile. Il faut plus de puissance pour avancer. Le surlof n’est plus possible, la Grand-Voile doit être choquée plus souvent, ça brule les mains même à travers les gants !

Après 3 bords de dur labeur, je passerai la ligne d’arrivée 7 minutes derrière mes amis Surprisistes (ce qui est correct compte tenu de mon heure de spi en moins).

La galère :

Lorsqu’on a passé la ligne d’arrivée, on considère que le plus dur est fait… Ceci n’est pas toujours vrai lorsqu’on navigue en solitaire… En s’enroulant le foc a fait une poche en son sommet, je parviendrai à le dérouler après 30 minutes de lutte… L’affalage des voiles par forte bise est un sport de combat ! Les bateaux et navigateurs qui rentrent au port après moi n’ont pas meilleure allure, nos frimousses et bateaux sont en vrac, il nous faudra pas mal de temps pour remettre de l’ordre dans nos embarcations ! (Pour nos têtes c’est peine perdue…)

Au classement général je me place à la 7ème place sur 14 participants. Je suis contente de ce résultat compte tenu de mon niveau d’audace du jour.

Le bateau restera à Rolle pour la semaine du soir et je rentrerai en train pour une bonne nuit de sommeil dans un vrai lit !

Points à améliorer : Ne plus avoir peur (sic)

Un circuit de barre permettant de corriger les caps depuis le pied de mât

est indispensable

Points rassurants : Je suis quand même bonne au près serré !

Désolée pour les photos, il ne faisait pas un temps à lâcher la barre ou l’écoute de GV (Photos ©Société nautique Rolloise)


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