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Ici c’est Lausanne !

…ou la grosse pression de courir à domicile.

Récit de la solitaire de Vidy du 10.09.2016

Bienvenue à la maison ! En ce 10 septembre, c’est régate à Vidy (donc pas le droit de me planter, sinon les copains ne vont pas me rater). Ceci m’épargne un convoyage mais ne me dispense pas de me lever plus tôt que lorsque je vais travailler.

Dans mes récits précédents, j’ai toujours insisté sur l’importance de la préparation. Avoir fait le tour de son bateau, inspecté les boulons et cadènes, avoir un mât réglé, une carène propre sont autant de gages de sérénité qui permettent de focaliser son attention toute entière sur la course.

Mais en ce samedi matin, c’est le stress, je dois débarquer au port à 7h pour préparer mon bateau. J’avais prévu de le faire la veille, mais un équipage du CUST m’a appelé à la dernière minute pour remplacer un équipier absent au Championnat Suisse de Surprise qui se déroule à Genève.

Je perds donc du temps à régler quelques contrariétés techniques : le génois ne monte pas jusqu’en haut et mon système de blocage de barre n’est pas adapté au CUST 4. Un peu stressée, je sors sur le plan d’eau pour prendre le bateau en main (ce n’est pas le bateau sur lequel je navigue habituellement, je n’aime pas sa barre à raquette et le stick hyper lourd qui me privent des informations que pourrait me transmettre le safran).

Lorsque j’arrive à Vidy les bateaux du comité de course sont en train de poser un premier parcours. J’ai tout de même le temps d’envoyer le spi, de régler le génois, de faire quelques speed tests avec les copains.

J’ignore si l’effet « Girl Under Sail » a suscité des vocations, je constate néanmoins qu’un grand nombre de bateaux sont présents parmi lesquels quelques nouveaux visages. J’ai le plaisir de constater que pour une fois je ne suis pas la seule femme sur la ligne de départ, il y a de la poulette sur le plan d’eau ! Rea Wicki sur Dorlotte s’essaye à sa première solitaire. J’en suis ravie !!!

Commence alors la longue attente… Les airs tournent, s’en vont, reviennent et il se passe bien 1 heure avant que le comité de course puisse nous envoyer sur un parcours.

Durant ce temps, les petites phrases au demeurant gentilles me mettent un coup de pression supplémentaire : « … tu as l’habitude maintenant !». Oui, j’ai l’habitude… mais du coup, je n’ai pas le droit de me planter, et ça me stresse ! …

La procédure de départ est lancée, je me fais couvrir dans la dernière minute, m’arrête et n’ai pas d’autre choix que de patienter en attendant que tous les bateaux qui se sont engouffrés dans la brèche que j’ai laissée ouverte passent. Je peux enfin virer pour me dégager et je m’élance bâbord amure en longeant la côte en direction de Dorigny. Cette option était celle que je privilégiais quel que soit mon départ. Je suis néanmoins en mauvaise posture tout à l’arrière de la flotte.

Les airs sont mieux posés à terre et je dépasse un premier bateau en faisant un bon premier bord de près. Pour rattraper les autres concurrents il va falloir limiter les manœuvres et être précise sur les lay-lines. Au virement, déception, j’ai pris un peu trop large (j’ai donc parcouru plus de chemin que nécessaire). J’ouvre un peu mon allure, ce qui me permet d’accélérer et d’aller embêter un ou 2 copains qui arrivent à la bouée bâbord amure et donc non prioritaires.

En « habituée » des solitaires, j’ai l’avantage de savoir exactement comment je vais négocier la bouée et le bord de portant qui suit. Le tangon est à poste avant la bouée, mon spi monte et s’établit rapidement dans l’abattée me permettant de dépasser un Surprise et un autre bateau.

Devant moi, je vois :

- Zenitude (normal c’est un grand bateau plus rapide),

- Lascar (normal, c’est un Surprise mais avec un skipper plus rapide),

- Diogène (là aussi un excellent skipper)

- Jonas (un 6.50 très à l’aise dans le petit temps et lui aussi pourvu d’un excellent skipper)…

Si ces 4 sont hors de ma portée pour ce bord. Je suis aux prises avec 2 Surprise, un dériveur, un Melges 20 et un autre bateau.

Alors que nous cheminons à petite vitesse sous grand spi, nous entendons le coup de canon annonçant la victoire en temps réel de Zenitude. Damned, il n’y a finalement qu’un tour ! Je suis 5ème en temps réel et ne pourrai pas remonter au classement.

Le mieux que je puisse faire, c’est d’assurer ma place et de tenter de distancer les petits bateaux au rating plus avantageux. Le Surprise Luc voile est à ma poursuite mais ne parvient pas à se montrer dangereux. Mes autres poursuivants ne passeront pas sous mon vent et en pointant côté bateau de la ligne d’arrivée je garde le contrôle du 29er et du Melges qui sont à mon vent et qui ne pourront pas abattre en raison de leurs spis asymétriques.

ici c'est lausanne

Je passe la ligne en 5ème position (2ème Surprise derrière celui de Patrick Mégroz ce qui est tout à fait honorable). Au final je maintiens ma 5ème place en temps compensé.

A améliorer : ces satanés départs ! J’aurais pu gagner 2 places au général en m’élançant correctement. Ma préparation n’était pas aussi soignée que lors des régates précédentes.

Ce qui va bien : bonne vitesse au près et au portant, les manœuvres sont propres.

Photos ©Alain Widmann


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